Cherchant à maintenir la pression sur le département de la Justice, les démocrates ont mis en ligne, jeudi, une nouvelle vague de photographies provenant de la succession du pédophile décédé Jeffrey Esptein.
Rendues publiques sans contexte ni indication de date, les 68 images comprennent notamment la capture d’écran de messages textes dans lesquels un individu non identifié semble évoquer une transaction liée à une jeune femme.

Un individu non identifié écrit : J’ai une amie recruteuse, elle m’a envoyé des filles aujourd’hui. Il ajoute : Mais elle demande 1000 $ par fille, puis Je vais t’envoyer des filles maintenant et Peut-être que quelqu’un conviendra à J?
La capture d’écran se termine par une description de la fille en question avec les catégories nom, 18 ans (dont la réponse caviardée était peut-être oui ou non), taille, mensurations, poids, espace Schengen, ville de départ. Les réponses sont caviardées, sauf le pays d’origine, la Russie.
Une capture d’écran montre une conversation où un individu non identifié écrit qu’il a une amie recruteuse qui « demande 1000 $ par fille» et donne des spécifications (caviardées) sur l’une d’elles.
La nouvelle vague de photographies provenant de la succession du pédophile décédé Jeffrey Esptein et publiées par les démocrates inclut des textos dans lesquels un individu non identifié évoque une transaction liée à une jeune femme.
Photo : https://x.com/OversightDems
D’autres photos montrent des parties de corps féminins sur lesquelles sont inscrites des citations du livre Lolita, un roman sur l’histoire d’un homme qui abuse d’une jeune adolescente.

La série d’images inclut aussi les photos de divers passeports de femmes de divers pays, dont les informations ont été caviardées, et celle du passeport de Jeffrey Epstein lui-même.
De nouvelles photos de personnalités connues
On y trouve aussi des photographies additionnelles de l’ancien stratège de Donald Trump, Steve Bannon, ainsi que du réalisateur Woody Allen, qui posent, séparément, avec Jeffrey Epstein.
L’homme d’affaires et philanthrope multimilliardaire Bill Gates est aussi photographié avec une femme dont le visage est caviardé et avec une autre, qu’il prend par la taille.
Les trois hommes apparaissaient déjà dans une vague de photographies rendues publiques la semaine dernière, qui incluaient également le président américain Donald Trump et l’un de ses prédécesseurs démocrates, Bill Clinton.
Certaines photos publiées jeudi montrent en outre le délinquant sexuel en compagnie du philosophe de gauche Noam Chomsky dans un avion.
D’autres photos montrent le cofondateur de Google Sergey Brin, l’ancien PDG de YouTube Salar Kamangar de même que le chroniqueur conservateur du New York Times David Brooks, prises en 2011 lors d’un événement appelé le Billionaires’ Dinner.
Ni l’heure ni le contexte ne sont précisés, mais il s’agit de clichés qu’avaient mis en ligne les organisateurs de l’événement, tenu trois ans après que Jeffrey Epstein eut été reconnu délinquant sexuel à la suite d’une première mise en accusation.

En 2019, BuzzFeed avait déjà fait état de sa présence à ce souper, auquel avaient aussi participé d’autres figures majeures du secteur technologique, dont le fondateur d’Amazon et actuel propriétaire du Washington Post et le PDG de Tesla, Elon Musk.
Dans une chronique récente, David Brooks avait critiqué l’importance que prenait l’affaire Epstein dans le débat public, qu’il attribuait à une mentalité conspirationniste.
Distinctes du matériel détenu par le gouvernement, les photographies mises en ligne proviennent de la série de quelque 20 000 documents remis au comité par la succession du financier déchu à la suite d’une ordonnance de production de documents liée à l’enquête menée par les membres du comité.
D’autres documents de la succession de Jeffrey Epstein rendus publics par les démocrates le mois dernier incluaient d’anciens courriels dans lesquels il affirmait notamment que Donald Trump était « au courant pour les filles », ce que ce dernier a toujours démenti.
La Maison-Blanche a pourtant affirmé que Donald Trump avait évincé Jeffrey Epstein de son club privé de Mar-a-Lago parce qu’il était un pédophile et un sale type. Le président a pour sa part lié son expulsion au fait que son ancien ami lui avait « volé » de jeunes employées.
Plus tôt cette année, les médias ont révélé que le nom de Donald Trump, qui a été un ami de Jeffrey Epstein pendant des décennies, revenait à au moins 1000 reprises, plus que celui de toute autre personne, dans les documents en question.
Cet été, le Wall Street Journal avait également rapporté que le président avait été avisé par le département de la Justice, peu après le début de son deuxième mandat, que son nom revenait à plusieurs reprises dans les documents en possession du département.
Quelques heures avant la publication du dossier Epstein
Les démocrates du comité de surveillance de la Chambre des représentants ont publié ces images alors que le département de la Justice a jusqu’à vendredi pour se conformer à la loi du Congrès lui demandant de rendre public le dossier Epstein.
Ces nouvelles images soulèvent encore davantage de questions quant à ce que le département de la Justice détient exactement en sa possession, a déclaré dans un communiqué le représentant démocrate Robert Garcia, qui siège au comité.
Nous devons mettre fin à cette dissimulation de la Maison-Blanche, et le département de la Justice doit publier le dossier Epstein dès maintenant.

Il reste à voir l’étendue des documents que rendra publics le département de la procureure générale Pam Bondi.
La loi adoptée par le Congrès interdit la publication d’informations dévoilant l’identité des victimes présumées. Le département de la Justice pourrait par ailleurs invoquer des enquêtes en cours pour refuser de rendre publics davantage de documents.
Deux jours avant d’exprimer son appui au vote de la Chambre, Donald Trump avait ordonné au département de la Justice d’enquêter sur des démocrates qui, comme lui, avaient entretenu des liens avec Jeffrey Epstein, dont Bill Clinton.
Selon des sources de CNN, les avocats du département affectés au traitement des documents déplorent le manque de clarté dans les consignes indiquant quelles informations peuvent être rendues publiques ou non.
Le président Trump, un ancien ami de Jeffrey Epstein, et son administration se sont retrouvés dans la tourmente après s’être fait reprocher, même par une partie de sa base électorale, de manquer de transparence dans la gestion de ce dossier.
Acculé au mur devant un vote qui s’annonçait comme une défaite pour lui, le président Donald Trump, qui dénonce depuis des mois un canular des démocrates, a ultimement opéré une spectaculaire volte-face le mois dernier.
Après s’y être opposé pendant des mois, il a encouragé les représentants républicains à voter en faveur de la publication des documents détenus par le département de la Justice.
Peu après son arrivée en poste, la procureure générale avait créé d’énormes attentes chez les partisans du président qui réclament plus d’informations en promettant la publication de documents déclassifiés.
Après une publication de documents qui a laissé plusieurs figures de droite sur leur faim, son département et le FBI ont jugé en juillet que le dossier était clos. Ils ont dit avoir conclu que Jeffrey Epstein ne possédait pas de liste de clients, qu’il n’y avait pas de preuves qui justifieraient des accusations contre d’autres individus et qu’aucun autre document lié à l’enquête ne serait divulgué.
Jeffrey Epstein a été retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019 avant son procès pour trafic sexuel de mineures. Les autorités ont conclu à un suicide.
En 2008, il avait déjà plaidé coupable d’accusations réduites de sollicitation de la prostitution auprès d’une mineure, évitant ainsi une longue peine de prison en vertu d’une entente controversée avec des procureurs fédéraux.
Plusieurs Américains, dont des partisans de Donald Trump, rejettent l’explication du suicide. Ils croient qu’il a été assassiné pour empêcher des révélations sur des clients riches et puissants, en premier lieu des démocrates.
Avec les informations de New York Times et CNN