Une nouvelle polémique internationale frappe l’Élysée après la diffusion massive d’une théorie conspirationniste visant Brigitte Macron, alimentée cette fois par une figure médiatique américaine suivie par des millions d’internautes.

L’étincelle est venue des États-Unis, où la commentatrice politique Candace Owens a récemment publié une vidéo de près de quarante minutes intitulée « Becoming Brigitte: An Introduction ».
La vidéo, rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, reprend une vieille rumeur circulant depuis plusieurs années dans certains cercles complotistes français.
Dans ce contenu visionné des millions de fois, Owens affirme que Brigitte Macron serait née homme sous le nom de Jean-Michel Trogneux avant d’avoir changé d’identité.
Sans présenter la moindre preuve concrète, la commentatrice relie également cette affirmation à des théories beaucoup plus larges évoquant un prétendu « ordre mondial élitiste ».
Cette internationalisation de la rumeur a profondément changé l’ampleur de l’affaire, transformant une fake news marginale en un véritable incident médiatique mondial.
Pour l’Élysée, la situation devient particulièrement délicate alors que les réseaux sociaux amplifient chaque polémique à une vitesse incontrôlable.

La théorie elle-même trouve pourtant son origine dans les coins les plus obscurs d’Internet français et non dans une quelconque enquête journalistique crédible.
La rumeur a principalement été propagée par Natacha Rey et Amandine Roy, une voyante se présentant comme médium spirituelle.
En 2021, une longue interview diffusée sur YouTube avait servi de point de départ à cette campagne de désinformation.
Leur argumentaire reposait essentiellement sur des comparaisons de photographies de Jean-Michel Trogneux, le frère de Brigitte Macron.
Selon elles, certaines ressemblances physiques entre les membres de la famille constitueraient la preuve d’une supposée identité secrète.
Dans un contexte rationnel, ressembler à son frère ou à sa sœur relève simplement de l’hérédité génétique et non d’une mystérieuse transformation cachée.
Mais sur les réseaux sociaux, les théories sensationnalistes se propagent souvent plus rapidement que les faits vérifiés.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2022, cette rumeur avait déjà connu une diffusion massive, alimentant de nombreuses attaques contre Emmanuel Macron à travers son épouse.
Face à la violence et à la persistance de ces accusations, Brigitte Macron a finalement décidé de saisir la justice française.

En septembre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Natacha Rey et Amandine Roy pour diffamation après plusieurs mois de procédure.
Les deux femmes ont été reconnues coupables d’avoir relayé de fausses informations portant atteinte à l’honneur de la Première Dame.
La justice a également estimé que Jean-Michel Trogneux avait lui aussi subi un préjudice important dans cette affaire devenue extrêmement médiatisée.
Les accusées ont été condamnées à verser des dommages et intérêts à Brigitte Macron ainsi qu’à son frère.
Malgré cette décision judiciaire claire, la rumeur continue toutefois de circuler sur certaines plateformes internationales, portée par des influenceurs et des personnalités controversées.
Plusieurs observateurs dénoncent désormais une stratégie de désinformation visant à fragiliser des figures politiques à travers des attaques personnelles spectaculaires.
L’affaire soulève également de nombreuses inquiétudes concernant le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion mondiale de contenus mensongers.
Pour de nombreux analystes, cette polémique illustre la difficulté croissante pour les institutions publiques de lutter contre des récits viraux devenus incontrôlables.
Alors que la présidence française tente de limiter l’impact de cette nouvelle vague de désinformation, la controverse autour de Brigitte Macron continue d’enflammer Internet et les réseaux sociaux à l’échelle internationale.